The first

The first







Il est revenu. Enfin je crois, en tout cas j'ai senti sa présence cette nuit. Rien qu'un souffle, une ombre.
C'était sûr, c'était lui.
Depuis le temps que j'attends son retour!



Il y a trois ans, jours pour jours, il m'a fait une promesse, une belle promesse :

"Je te promets que je reviendrais.

_Oui mais quand?"

A la seconde où j'ai posé cette question, j'ai su que ce ne serait pas avant longtemps, en plus, il était déjà sorti.



Voilà comment cette histoire a commencé.
Une nuit d'hiver aux environ de 22h, sur un petit pont en acier, moi fille unique, banale en tous points, lui, homme prisonnier de lui même.






# Posté le mardi 15 janvier 2008 12:58

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:57

The second

The second





Je repense à cette rencontre, alors que je suis dehors, en train de finir ma cigarette, lorsque je me rend compte que Mili, Emilie de son prénom, mais ses parents trouvaient ça trop long...une lettre de plus, une lettre de moins, je n'ai jamais vraiment compris, me fixe depuis un bon bout de temps.
Elle a ses grands yeux bleus arrêtés sur moi, et un sourcil levé, signe d'incompréhension qie ne trompe pas.
Mili est la plus canon de toutes mes copines.
Taille et jambes styles mannequin, une allure sereine, peut-être un peu hautaine, de longs cheveux blonds ondulés descendant en cascade sur ses épaules. Ses fringues proviennent de grandes marques, bien chics bien classes, Gucci, D&G..., ce qui la viellit de cinq ans. Dans notre fac, pas un mec n'a jamais posé les yeux sur elle.


"_Raph'! Oh Raphaelle! tu te magnes? on a déjà dix minutes de retard pour notre cours de socio!"

Merde! c'est la troisième fois cette semaine; je jette mon mégot, l'écrase du pied et nous filons vers le bâtiment central.


[ . . .]



Il est déjà 18h07 quand je quitte la fac pour me rendre à mon boulot.
Super, dans trois minutes je serais encore en retard et Mr Prads, mon patron, va encore me faire la morale.
Je marche vite, comme d'habitude, en pensant à Luc.
Son retour dans la nuit dernière m'a préoccupé toute la journée.

Soudain, ce même souffle me traverse le corps. Je ressens un frisson incessant. Je m'arrète tout net. Je tremble un peu, c'est vrai, mais d'impatience et de bonheur.
J'entend des bruits de pas, qui se rapprochent doucement derrière moi. Je ferme les yeux. Je le laisse venir, je me laisse envahir de sa présence, de son odeur, de nos souvenirs.


"_Ca va mademoiselle?"

Je sursaute et rouvre les yeux. Je jette un "oui" énervé à ce pauvre monsieur attentif qui passit et qui a dû me prendre pour une folle, au milieu de la rue.
Ai-je rêvé? je le désire tellement fort que j'en ai des hallucinations?
Je n'en sais rien, je ne sais plus quoi penser.
En attendant, il a réussi à me mettre en retard, et je me mets à courir.



# Posté le mardi 15 janvier 2008 13:40

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:53

The third

The third




J'arrive au restaurant à 18h42. Mr Prads m'engueule, crie, menace, et finalement me laisse aller me changer pour commencer le ménage, puis le service vers 20h00.

[ . . . ]

Il est 23h50 lorsque, enfin, le restaurant est vide, la cuisine nettoyée et rangée pas mes soins. Je peux enfin rentrer à mon appart' où j'ai, le bonheur, d'y retrouver mon lit tous les soirs.

[ . . . ]

Je repousse la porte n° 12 derrière moi, ferme bien à clef, balance mon sac et mon manteau sur le fauteuil et me jette sur le lit.


"_Alors, tu rentres un peu tard ce soir, non?"

Je reste immobile. Je n'ose plus bouger. Pourtant, cette voix...si douce, si grave, si calme tellement sécurisante et pénétrante...
Je me relève lentement, cherche à tâtons la petite lampe orange près de mon lit, l'allume, et le cherche du regard.
Il est là, enfin.
Il est appuyé grace à son coude contre l'encadrement de la porte de ma chambre. Le bras qui le cale passe derrière sa tête. L'autre est caché derrière son dos.
Il a la peau très pâle, des yeux noirs des cheveux de même couleur, qui lui tombent sur la nuque et une mèche joue avec son oeil. il porte un long manteau noir, ce qui accentue sa taille d'athlète, un T-shirt noir également, un peu près du corps faisant ressortir ses muscles et ses épaules. Dans la trentaine, il n'a pas changé, je le trouve parfait.

Je lui souri, un peu déconcertée par son apparition. Il me rend mon sourire en montrant ses belles petites dents blanches et alignées.
Je me lève, tranquillement, le faisant attendre un maximum, me faisant désirer, du mieux que je peux.
Il me regarde avec un regard pénétrant, qui me désarçonne complètement, mais je réussi à rester debout.
Je m'approche de lui très près, très très proche. Il ne bouge pas, il me regarde intensément. Je me seui sentie nue durant cinq secondes. J'étais bien. Son odeur m'enivrait, j'avais l'impression de rêver.
Mon portable s'est mis à vibrer.
Je sursaute et cogne Luc maladroitement au menton. Je m'excuse pitoyablement mais sincèrement et m'éloigne de lui pour aller engueuler cette saloperie de portable.
C'est Mili. Je décroche, sur les nerfs, et Luc qui l'a bien senti, pose ses mains sur mes hanches et commence à m'embrasser dans le cou.
Ah là, il m'a calmé c'est sur!
Je raccroche au nez de Mili, laisse tomber mon portable sur le sol.
Je prend les mains de mon "obsession", me tourne vers elle et passe mes mains dans ses cheveux puis autour de son cou. Il m'enlace doucement et m'embrasse. Mais quand je dis qu'il m'embrasse, c'est un vrai baiser de cinéma! comme dans James Bond ou Indiana Jones! sauf que je ne suis pas une de ces mannequins qui gueulent à longueur de temps et de toutes leurs forces pour être sauvées.
Enfin bref, ce fut une nuit merveilleuse.
Des retrouvailles, NOS retrouvailles, une union parfaite, un plaisir inimaginable mais une nuit faible en sommeil.



# Posté le mardi 15 janvier 2008 15:41

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:53

The fourth

The fourth






Je suis réveillée par mon réveil qui sonne depuis au moins cinq bonnes minutes. Il est donc 6h45. J'ai mal à la tête, j'essaie d'ouvrir les yeux. Je me lève lentement, cherche quelques fringues les yeux fermés, bute dans une chaise et j'atteins enfin la salle de bains.
Sous la douche brûlante, certains souvenirs me reviennent de ma nuit... Oulala! j'en ai oublié Luc!
Manifestement, il n'est plus là.
Après plus de trente minutes sous cette douche, je songe quand même à m'essuyer, m'habiller, me maquiller, me parfumer, déjeuner sur le pouce, attraper en coup de vent mon manteau, mon sac et mon portable.

La journée fut looonnngue!

Heureusement que je ne travaille pas ce soir!
J'arrive chez moi vers 19h00, je n'ai même pas le temps de laisser mon sac tomber par terre, que mon attention est retenue par quelque chose, sur la table.
C'est une rose rouge, avec plein d'épines. Un petit mot sur une petite carte suit:
"Pour une femme belle comme la rose, qui ne se referme pas pour autant la nuit, cependant inapropriable.
avec beaucoup d'amour, Luc."
Et qu'est-ce que je fais de la rose moi? bon.
Une paire de gants pour le ski, ça fera l'affaire, unverre d'eau et hop!
Mais je n'aime pas le ski, et par conséquent les gants... et merde.
Après quelques gouttes d'eau et de sang, la rose est dans l'eau, le mot sur le frigo et moi, dans la cuisine avec des petits pains et du nutella.

[ . . . ]

Aux alentours de 21h00, je suis affalée devant la télé, où une blondasse essaie de se taper un mec, un navet quoi, je suis en pantalon large de pijama, haut rose à rayures et chaussons Betty Boop.
Quelqu'un sonne à ma porte. Je me désincruste du canapé, jette un coup d'oeil dans la glace, pour voir si je suis potable, et ouvre la porte.
C'est Mili.

"_Oula, mais tu déprimes ou quoi? me dévisage-t-elle, histérique.

_Euh...non.

_Bon, ba aller viens, on sort! on va danser, boire, draguer et mater!

_Oh nan! j'veux pas j'ai...

_Tttt ttt ttt! je te laisse vingt minutes pour tout faire, après on se casse, je suis mal garée et la caisse c'est pas la mienne."

Bon. Devant ce "non-choix" qui s'offre à moi, je grogne un peu et fonce vers la salle de bains, après que Mili soir entrée.
Dix minutes plus tard, je ressors "prète du visage", et me précipite vers ma penderie.
Ca non, ça c'est vieux, trop kitsch, trop moche, trop court, pas assez décolleté, trop voyant, trop "hot", pas assez long, trop truck et trop bidul...
Enfin je tombe sur un haut court, col en V, rouge sang. Je choisis un joli pantalon moulant, en cuir noir, 50 euros à H&M.
Mili me regarde, fait comme si elle bavait d'admiration, me donne mon manteau, mon sac et les clefs.
Une longue nuit nous attend, et je me sens coupable de sortir, en pensant à Lui.








# Posté le mercredi 16 janvier 2008 10:40

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:56

The fifth

The fifth





Nous arrivons devant la boîte, une musique histérique ainsi que des lumières de toutes les couleurs sortent de la discothèque.
Après trente-cinq minutes d'attente, dehors, dans le froid, on entre enfin.
On aperçoit une table vide, où nous nous précipitons. Je reste là, à observer tout ce monde déchaîné se tortiller sur la piste.


"_Tu veux boire un truck?...oula oui tu vas vite boire un truck pour te décoincé ma vieille! J'vais te prendre un cocktail que t'es pas prète d'oublier!" elle disparait dans la foule.

Pendant ce temps, deux mecs, plutôt sexy et bien roulés, me matent. Bon o.k, j'en profite et j'en rajoute, je fais des yeux de biche, jette mes cheveux en arière, leur souri de temps en temps.
Mili revient, deux cocktails à la main. Elle pose le mien sur la table , me fait un clin d'oeil et signe de boire.
Il a une couleur orangée, une tranche de citron sur le bord, une ombrelle rose et une paille jaune. Je bois une gorgée.


"_Oh putain! c'est pas un truck pour les tafioles ton "truck"!!" J'ai la gorge qui brûle, mais ce que c'est agréable!

"_Et non ma belle, j'ai demandé, il est a 78%!". Elle éclate de rire et finit son verre cul-sec.


Au bout de cinq ou six verres, les deux mecs, qui ne nous ont pas lachés des yeux, s'approchent et nous invitent à danser.

Grosse erreur d'avoir accepté.

A peine debout, tout commence à tourner, mes yeux me piquent, j'ai les tympans explosés et une très forte envie de vomir.
Mili qui tient mieux l'alcool que moi, a comprit, me prend par le bras et m'emmène aux toilettes.
J'y reste longtemps, je crois. Je n'ai plus de notions du temps.
Lorsque je sors, Mili me dit qu'elle m'a appelé un taxi. On sort ensemble, enfin c'est plus elle qui me sort, et les deux mecs sexy ont fui.
Le taxi arrive, Mili me pousse à l'intérieur, donne mon adresse au chauffeur et referme la porte.
Je suis devant mon immeuble.


"_Jjjje vouuus doua combiennn??

_15 euros siouplait.

_Ooooookééééé!!! ... pfffffff héhéhéhéhéhé j'arriiiiiiiive pluuuuuuus àààà compter!"


Le chauffeur me prend le porte-feuille des mains, je le traite de brute, il me met dehors avec le porte-feuille et repart.

Je suis en train de gueuler pour que quelqu'un m'ouvre cette saloperie de porte à cause de cette saloperie de code que j'ai oublié; quand mon voisin de palier entend mes cris et vient m'ouvrir. Il m'aide à monter mes deux étages, ouvre ma porte après m'avoir prit les clefs des mains, et retourne dormir.
Je me laisse tomber de tout mon poids sur le lit et m'endors aussitôt.




# Posté le samedi 19 janvier 2008 10:55

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 07:52